Sara Buffler, harpe

Sara Buffler, harpe

Sourire nordique


Elle paraît sortie de l’écran d’un Bergmann paradoxal. Peut-être de ce film un peu oublié, sorti en 1955, mais mal traduit en français par « Sourires d’une nuit d’été ». Car sa façon de rire avec la langue suédoise, qu’elle a étudiée patiemment, avant de s’y immerger assez longtemps pour désormais la pratiquer avec aisance, cette manière à la fois coquine et drôlement sérieuse d’en jouer, aussi habilement qu’elle joue de la harpe, voilà qui vous emballerait un bonze en guerre avec les séductions de la chair ou un pasteur nordique hanté par l’obsession de succomber à quelque aguichante sorcière !
Sara Buffler a la voix qu’il faut pour chanter l’ambivalence, le doigté qui convient pour faire cascader l’argenterie lyrique de sa harpe. Elle sait captiver son public par l’immensité de son regard, par l’expressivité rare de ce qui n’est plus un sourire, mais une affectueuse invite à croquer la pomme pu péché originel.

Date

19 juin 2020

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